Le Ramadan est un mois de recueillement, mais aussi un véritable défi physiologique. Le corps s’adapte à un jeûne quotidien de plus de douze heures, et la façon dont on rompt ce jeûne — et dont on se prépare à le reprendre — conditionne l’énergie, la concentration et le bien-être tout au long du mois.
Les trois piliers d’une alimentation équilibrée en Ramadan
Pour traverser ce mois sans épuisement ni carences, trois principes guident les choix alimentaires :
- Un apport énergétique stable : privilégier des aliments à libération lente qui soutiennent l’énergie sur la durée.
- Une hydratation suffisante : compenser les heures sans boisson par une consommation régulière entre l’Iftar et le S’hour.
- Une digestion légère : alléger les repas pour éviter la somnolence, les ballonnements et la fatigue digestive.
Les aliments à privilégier
Glucides complexes à index glycémique bas : quinoa, riz complet, pain complet, lentilles, pois chiches. Ils diffusent l’énergie progressivement, évitant les coups de fatigue entre les prières.
Protéines maigres : œufs, poulet, dinde, poisson blanc, yaourt nature. Elles favorisent la satiété et préservent la masse musculaire pendant le jeûne.
Bonnes graisses : huile d’olive extra vierge, amandes, noix, avocat. Elles participent à l’absorption des vitamines liposolubles et prolongent la sensation de rassasiement.
L’Iftar : rompre le jeûne intelligemment
La tentation est grande de se précipiter sur la table garnie dès l’appel à la prière. C’est pourtant l’erreur la plus fréquente : un estomac vide depuis des heures ne supporte pas un afflux massif et brutal de nourriture.
La bonne démarche :
- Commencer par une datte et un verre d’eau — geste prophétique et physiologiquement avisé : le sucre naturel de la datte relève doucement la glycémie.
- Enchaîner avec une soupe ou une harira légère : elle réhydrate, apporte des légumes et prépare la digestion.
- Terminer par un repas structuré et équilibré : une protéine, des légumes et un glucide complexe en portions raisonnables.
Laisser 15 à 20 minutes entre la soupe et le plat principal permet d’éviter la surcharge.
Le S’hour : ne surtout pas le sauter
Le S’hour est le repas stratégique du Ramadan. Le négliger, c’est s’exposer à une hypoglycémie en milieu de journée, à des maux de tête et à une irritabilité accrue.
Un S’hour efficace comprend :
- Pain complet ou flocons d’avoine : glucides lents pour tenir jusqu’au soir.
- Protéines : œufs brouillés, yaourt, fromage blanc — pour freiner la dégradation musculaire.
- Bonnes graisses : une poignée d’amandes, un filet d’huile d’olive.
- Fruits frais : une banane ou des fruits rouges pour les vitamines et les fibres.
L’hydratation : une priorité entre les deux repas
Entre l’Iftar et le S’hour, il faut viser 1,5 à 2 litres d’eau. Boire régulièrement par petites gorgées est bien plus efficace que d’avaler un grand verre en une fois.
À éviter absolument :
- Les aliments très salés (charcuteries, conserves, plats industriels) qui accentuent la soif pendant le jeûne.
- Les boissons caféinées (café, thé fort, sodas) qui ont un effet diurétique et favorisent la déshydratation.
Les pièges les plus courants
- Excès de pâtisseries et de jus sucrés à l’Iftar : ils provoquent un pic glycémique suivi d’un brutal coup de fatigue.
- Fritures en excès : chbakia, beignets, samossas… appréciés, mais à consommer avec modération pour ménager le système digestif.
- Sauter le S’hour par flemme ou manque de temps : c’est l’erreur la plus lourde de conséquences sur l’énergie de la journée.
Le Ramadan n’oblige pas à renoncer aux plats traditionnels — il invite simplement à les déguster avec discernement, dans le cadre d’une alimentation pensée pour préserver le corps autant que l’esprit.
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